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Marie Christine Dorner | quand la détermination mène au succès

Marie Christine Dorner | quand la détermination mène au succès

Fidèle collaboratrice de Ligne Roset, la designer et architecte d’intérieur revient sur son parcours atypique et partage ses sources d’inspiration.

Les voyages forment la jeunesse et peuvent parfois lancer une carrière! À 25 ans, Marie Christine quitte son Strasbourg natal et entame un tour du monde. Cet audacieux périple annonce déjà une soif de curiosité et un intérêt pour les cultures du monde qui teinteront ses créations au fil du temps. Le voyage prend une tournure inattendue quand une escale au Japon se transforme… en un séjour de 1 an. La culture du pays a un impact considérable sur sa créativité et une rencontre vient changer sa vie. Elle fait la connaissance de Teruo Kurozaki, une figure de proue du design contemporain au Japon qui l’invite à créer une collection de meubles.

Nommée Origami, la collection sera un succès et remarquée par l’enfant terrible du design et architecte-star Philippe Stark (il signera l’introduction du catalogue de l’expo).

Elle ne pouvait pas rêver d’une meilleure carte de visite pour son retour en France. Elle monte alors sa propre agence d’architecture intérieure et signe les rénovations de l’hôtel La Villa, à St-Germain des Prés, considéré comme le premier hôtel « design » parisien. Elle réalise également le restaurant de la Comédie Française et en 1990, elle conçoit la tribune présidentielle du 14 juillet. Cet auvent qui abrite jusqu’à 1 500 invités lors de la parade militaire du 14 juillet sera remonté 30 fois. Du design durable avant l’heure.

 

Place de la Concorde

Tribune Présidentielle, Place de la Concorde / Paris, 1990-2018

 

En 1996, elle s’installe à Londres où elle vivra 12 années. En plus de son travail de création, elle enseigne au Royal College of Art. La transmission du savoir s’avère un atout dans le processus créatif de Marie Christine. « Quand on est passionné par quelque chose, c’est égoïste de ne pas le partager. Les étudiants m’apprennent aussi beaucoup de choses. Ils m’aident à clarifier mes idées, où je suis, où je vais, comment je me présente. Devoir expliquer ce qu’on fait permet de savoir ce qui est important pour soi. » Marie Christine enseigne d’ailleurs encore aujourd’hui, à l’école Camondo à Paris, là où elle a fait ses études en design. Ses étudiants profitent en prime d’une leçon de détermination. Son message?

« Soyez curieux, partez, faites ce que vous avez envie de faire, sortez des sentiers battus. Ce n’est pas parce que quelqu’un ne l’a pas déjà fait que vous ne pouvez pas le faire. Il existe des milliers de meubles et on a l’impression que tout a été fait mais pourtant tout est encore à faire. Il faut découvrir de nouvelles techniques, de nouveaux savoir-faire. Il ne faut pas avoir peur! »

Si elle semble si convaincante, c’est parce qu’elle a suivi son propre instinct. Pour elle, l’architecture intérieure et le design sont une vocation, qui s’est manifestée très tôt. « Quand j’étais petite, je changeais de chambre avec mes frères et sœur pour pouvoir les décorer différemment. J’y restais quelques mois pour ensuite en prendre une autre! » À l’adolescence, sa passion se précise et elle passe en cachette de ses parents le concours de l’école des Beaux-Arts de Strasbourg… qu’elle obtient! Ses parents la convaincront de d’abord terminer son bac et de poursuivre des études à Paris.

Malgré le temps qui passe, les voyages demeurent une passion pour Marie Christine et une source d’inspiration qui influencent son travail d’architecte d’intérieur. « Je fais des lieux qui sont sans doute hérités de mon séjour japonais, avec des lignes assez claires, de la douceur et de la sérénité. Et puis parfois, je me sers de mon expérience britannique pour faire des accumulations d’objets, de couleurs et de textures. »

 

Inspiration

1. Bureau Koya, Ligne Roset
2. Table d’appoint One Shape, Ligne Roset
3. Table basse Crash, Ligne Roset

 

On peut également voir l’inspiration nipponne dans certains de ses meubles, dont le bureau Koya et le bout de canapé One Shape pour Ligne Roset. La designer a d’ailleurs signé plusieurs pièces pour le prestigieux éditeur français. Une collaboration qui débute par une agréable surprise.

« Comme des centaines de designers, j’envoyais des dessins à Ligne Roset, le plus grand éditeur de meubles français ». Déterminée, elle multiplie les essais malgré le silence radio. « Je n’avais pas de réponse et un jour, j’ai un eu coup de fil et on m’a dit qu’on avait des photos de prototypes à m’envoyer! » Cette première collaboration deviendra Crash, une table basse à double niveau, où deux plateaux coulissent l’un sur l’autre.

Ses créations pour la marque se multiplient et Marie Christine est séduite par le savoir-faire de la maison. « On y soigne la qualité d’une manière que je n’imaginais pas au départ. Par exemple, dans un canapé il peut y avoir 5 ou 7 types de mousses, plus ou moins denses, à mémoire de formes ou pas. » La contribution de l’équipe d’ingénieurs ajoute également au processus de création. « Comme designer, on propose des dessins, des formes, une esthétique, une fonction, une synthèse de tout ça et on a des gens qui peuvent répondre en termes de fabrication et parfois même proposer mieux. C’est un aller-retour positif! »

C’est le savoir-faire et la technologie derrière Ligne Roset qui inspirera Uncover, un canapé innovateur créé en partie par des robots de couture. « Ces machines haute-performance réalisent des coutures programmées et d’une grande précision, de façon rapide et automatique. J’ai eu l’idée de faire des coutures progressives, plus denses dans certaines zones et plus espacées dans d’autres. Ça m’intéresse de détourner le savoir-faire d’une machine pour faire autre chose que ce à quoi elle a servi jusqu’ici. »

 

Uncover

Canapé Uncover, Ligne Roset

 

Cette curiosité explique sûrement le succès de Marie Christine dans l’univers compétitif du design. Mais c’est sans compter sur son arme secrète.

« J’écoute! Quand on est seul devant sa table à dessin, on fait ce qu’on veut. Mais quand on a des gens en face de soi qui ont une problématique, quelle qu’elle soit, c’est bien d’être à l’écoute et de prendre en compte les besoins du client. C’est peut-être ma mère psychanalyste qui m’a appris ça! »

 

Voir la vidéo intégrale de l’entrevue 

 

 

 


Marie-Christine Dorner


Marie Christine a reçu en 1995
le Grand Prix du Design
et a été nommée en 2012,
Chevalier de l’Ordre des Arts
et des Lettres.

dorner-design.com